Le Mystère 20

Le Mystère 20 est le premier avion d’affaires à réaction produit par Dassault. Il ouvrira la voie à la famille Falcon, forte de nombreux modèles et est très connue à travers le monde notamment de par le Falcon 8X.

Historique

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Vue d’artiste du Dassault Méditerranée (collection photo Dassault)

Tout commence au milieu des années 1950 lorsque le constructeur planche sur un avion biréacteur nommé le Méditerranée. Cet avion aurait été de petite taille avec deux turboréacteurs implantés sous les ailes à la manière des avions de transport civils. Faute de moteurs assez puissants pour un tel appareil, Dassault rebrousse chemin.

Mais cela n’est pas un abandon pour autant car le bureau d’études de Mérignac remet sur la table un projet identique au début des années 1960. Cette fois-ci, un moteur est trouvé et plutôt que d’implanter les nacelles moteur sous les ailes, elles sont positionnées à l’arrière de la cabine comme sur l’avion civil Caravelle d’Aerospatiale pour des raisons pratiques : le bruit des moteurs en cabine est réduit avec cette configuration procurant un confort certain lors du vol.

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Premier vol très impressionnant du Mystère 20 (collection photo Musée de l’Air et de l’Espace)

Le prototype, propulsé par des Pratt et Whitney JT12 A-8 de 1490 kg de poussée chacun, effectue son 1er vol à Mérignac le 4 mai 1963 piloté par René Bigand. Le jour même de ce vol avait lieu une visite d’une délégation de la Pan America, la compagnie aérienne américaine la plus puissante à l’époque, qui cherchait à diversifier ses activités en créant un département avions d’affaires. Cette délégation comprenait Charles Lindberg (le héros de la traversée de l’Atlantique en 1927) qui aurait déclaré à Juan Tripp, Directeur de la Pan Am, : « I’ve found your bird » (j’ai trouvé votre oiseau). La Pan Am commande alors 40 exemplaires de l’avion plus une option sur 120. L’avion est alors baptisé Falcon, à la demande de la compagnie. La certification en catégorie transport, acquise le 9 juin 1965, fut immédiatement suivie par des livraisons.

En 1974, Dassault installe l’usine de montage Dassault Falcon Jet aux États-Unis à Little Rock où les avions convoyés peints en vert (peinture d’apprêt) depuis la France, recevront leurs équipements et aménagements définitifs ainsi que leur peinture extérieure selon les demandes des clients.

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Marcel Dassault présente le Mystère 20, futur appareil de la Pan Am, au sénateur américain Birch Bayh (collection photo Dassault)

Grâce aux talents de marketeur de Serge Dassault, alors directeur des exportations, cet avion réussit à percer avec brio le marché américain qui est connu pour toujours être réfractaire aux avions étrangers : protectionnisme oblige… Ce n’est pas que Pan Am qui commanda des Mystère 20 mais il y a aussi FedEx qui en commanda 33 exemplaires pour assurer sur tout le territoire américain des rotations afin de livrer du courrier et des colis. Cet avion intégra aussi la flotte des gardes côtes américains sous la dénomination HU-25 Guardian. Enfin, il fut bien sûr vendu en tant qu’avion privé à des personnes ayant assez de fortune pour pouvoir se payer un tel joujou. Ce sont ainsi 477 appareils qui furent vendus. Bien évidemment, un tel succès fit des petits et c’est ainsi que naquit la famille Falcon.

La petite singularité de notre appareil

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Attestation du record de Jacqueline Auriol sur le nez de notre Mystère 20

D’une part cet avion est le premier prototype du Mystère 20 qui servit à mettre au point les avions de série. Mais cet avion entra dans l’histoire de l’aéronautique pour une toute autre raison… Avec cet appareil, le 10 juin 1965, Jacqueline Auriol battit le record du monde féminin de vitesse en circuit fermé de 1000 km. Elle détient toujours ce record qui était de 859,51 km/h sur le trajet Istres-Cazaux-Istres. En plus de cela, Jacqueline Auriol a marqué l’histoire de l’aéronautique française en étant première femme diplômée de l’EPNER (Ecole du personnel naviguant d’essais et de réception), une école qui débouche notamment sur le métier de pilote d’essais qu’elle fera. Ainsi, elle pilota de nombreux avions avions de chasses et jets d’affaires pour le compte du Centre d’Essais en Vol de Brétigny, qui a pour mission de confirmer la conformité de l’avion au cahier des charges énoncé par le constructeur. Pilote et voltigeuse aguerrie, elle n’en reste pas à son record sur le Mystère 20 et pulvérise le record du monde féminin en circuit fermé sur 2000 km ! Enfin, pour finir sur son CV très prestigieux, elle fut la première femme européenne à passer le mur du son à bord d’un chasseur Dassault Mystère II en 1953.

La restauration du Mystère 20-01

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